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Lettre d’information Avril

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La lettre d’information du mois d’avril

Une fin de mars estivale, un démarrage d’avril mitigé, comme à l’habitude le printemps teste les capacités de  l’apiculteur à réagir et à s’adapter.
Le romarin et le colza miellent et les premières fleurs d’acacia pointent le bout de leur nez.
Et comme souvent, quand l’acacia arrive, la météo change et nous donne du fil à retordre… 2017 sera t-elle une année d’acacia ? On croise les doigts !

Que se passe-t-il dans la ruche ?

Les floraisons et le réchauffement tirent l’abeille hors de la ruche. Les allers-retours s’accentuent. La reine s’est mise à pondre abondamment, le couvain se développe rapidement occupant les cadres centraux de la ruche.
Bref tout le monde s’active.

Que fait le débutant ?

Plusieurs cas de figure sont à envisager selon que le débutant dispose d’une ruche ou non. S’il dispose d’une ruche, ce qui à priori est un cas rare – par exemple parce qu’il a acheté la ruche et sa colonie à un apiculteur – il va se trouver confronté aux opérations décrites au paragraphe précédent.
Il va en particulier se trouver confronté à la décision suivante : développer le cheptel ou récolter du miel au cours de la saison à venir. On ne saurait trop lui conseiller de choisir la deuxième option. Récolter du miel la première année de son activité : quel bonheur !
S’il ne dispose pas de la ruche et de sa colonie, il va devoir l’acquérir. Il est bon de disposer assez tôt du matériel. Pensez à passer commande, nous sommes à votre disposition pour vous aider.
Il va travailler déjà l’emplacement et étudier les ressources mellifères et pollinifères dont les abeilles vont pouvoir disposer dans leur environnement. De quoi sera fait le miel dont il va disposer ?
En Avril les essaimages sont courants.
Peut-être le débutant verra-t-il se poser un essaim à récolter. Si vous êtes dans cette situation, un conseil : faites-vous aider par un apiculteur expérimenté.
Sinon il faut commander son essaim rapidement. La gestation d’une reine dure 16 jours et il lui faudra 1 mois encore pour se mettre à pondre.

Que fait l’apiculteur ?

S’il ne l’a pas déjà fait, l’apiculteur fait sa première visite, dite visite de printemps. De l’observation il tire les enseignements qui conviennent pour la gestion de chaque ruche au cours des mois à venir. Avril est un mois actif pour l’apiculteur.
Une large palette d’opérations est possible au cours du mois : Faire construire des cadres cirés, diviser une ruche en deux, récupérer des cadres de couvain et de réserve pour les nouveaux essaims, récupérer des essaims naturel, éventuellement mettre des hausses et faire une première récolte (colza).

Nous allons faire un zoom sur trois actions essentielles à cette époque :

Contrôler la fièvre d’essaimage

Lorsque les populations sont très fortes, jusqu’à 8 cadres de couvain, sur le colza par exemple (fin avril), le risque d’essaimage est majeur. Un coup de froid bloque la ponte de la reine et les conditions sont rapidement réunies.

En effet, que la surface du couvain fermé devienne supérieure à celle du couvain ouvert et le nombre des nourrices disponibles devient brusquement plus important que celui des larves à nourrir. Les abeilles suralimentent certaines larves et en font des reines. Cet indicateur est à bien comprendre, car cette inversion, couvain ouvert/couvain fermé, sur une forte colonie annonce l’essaimage prochain. Dès l’apparition de cellules de reines operculées il faut faire de l’essaimage artificiel. Chaque cadre contenant des cellules de reines est mis dans une ruchette avec un autre cadre de couvain et un cadre de miel, le tout couvert d’abeilles. Ces cadres peuvent être pris dans d’autres ruches. On complétera de cadres bâtis. L’essaim réussit d’autant mieux que le nombre des abeilles emportées est important. Si on fait cette manœuvre pour stopper le risque d’essaimage sur une très forte colonie qui n’a pas encore produit de cellules de reines, on prend un cadre de couvain avec des cellules pris dans une autre ruche (sans ses abeilles), on ne prendra que deux cadres de couvain fermé (le plus possible) avec leurs abeilles dessus dans la ruche à affaiblir mais on brossera des abeilles situées sur trois cadres de couvain, on saigne ainsi la colonie en la privant d’une partie de ses nourrices.

Un essaim artificiel sera nourri en continu et devra atteindre 5 cadres en fin de saison, il sera prêt pour passer l’hiver et servir pour des réunions l’année prochaine.

Stimuler les colonies

Nous avons dit dans un précédent article que le nourrissement doit correspondre à une stratégie précise, pour réaliser un objectif assigné à tout ou partie du rucher. Un nourrissement spéculatif pour faire démarrer le couvain très rapidement peut être fait très tôt en saison à condition de le faire avec parcimonie. Très peu de sirop, environ 250 cm3 par ruche et une ou deux fois, guère plus. Le tout accompagné d’une surveillance pour vérifier que les colonies ne démarrent un essaimage qu’il faudrait contrôler en cas de survenue. Par contre, pour l’élevage des reines, il est important de stimuler les colonies souches et éleveuses. Des sirops appropriés permettront d’apporter un surcroît de protéines pour stimuler la ponte de la reine et la production de gelée royale chez les abeilles nourrices. Là encore, la surveillance des colonies s’impose car il serait dommageable qu’une stimulation intempestive produisent des essaimages alors que ce qui est visé est d’en atteindre la limite pour réunir les meilleures conditions de l’élevage artificiel.

Réunir les essaims de l’an passé

Pour améliorer le rendement des colonies et tenir constamment le rucher avec des jeunes reines, seule manière de disposer de fortes colonies, il est indispensable de procéder à des réunions.
A l’évidence ce ne sera fait qu’entre populations de qualité, au moins du point de vue sanitaire. Les ruchettes de l’an passé seront fortes, sinon réunir deux colonies faibles n’a jamais produit une colonie puissante si la faiblesse est due à la qualité de la reine ou à l’état sanitaire des colonies.
On opère en fin de journée, il est indispensable de rechercher la vieille reine, l’enlever puis opérer la réunion dans la foulée. On met au centre d’un corps de ruche propre les cadres de couvain de la ruchette avec toutes les abeilles (bien que certains auteurs indiquent que le fait d’utiliser un corps de ruche étranger aux deux colonies n’a pas d’effet particulier, mais c’est pratique).
De la ruche ancienne et orphelinée on tire tous les cadres de couvain que l’on met contre le nid à couvain de la colonie qui vient d’être installée, puis on flanque de part et d’autre tous les cadres de pollen puis de miel. Nourrir. Ainsi est-on sûr de l’âge de la reine, le fait de mettre tous ses cadres de couvain ensemble et elle avec, la protège d’éventuelles attaques des abeilles nouvelles venues. Pour réduire les risques de bagarre on parfume tout le monde au pulvérisateur avec un peu d’Eucalyptus. J’opère ainsi depuis des années et je dois avouer humblement que le risque majeur est celui de l’essaimage quelques temps après si la colonie devient de ce fait trop forte. Mais il est toujours temps de faire de nouveau un essaim artificiel surtout avec les reines à naître que l’on aura élevé dès que possible.

Fiche technique

Faire un paquet d’abeilles

On oblige la colonie à essaimer sous notre contrôle.
Il faut une ruche équipée de cadres cirés.
Ouvrir la colonie à faire essaimer.
Poser le corps de ruche sur le dessus, le fermer au 3/4 avec un couvre cadre, mettre cette ouverture supérieure coté entrée de la ruche.
Enfumer au trou de vol durant au moins 3 minutes (c’est très long).
Puis se mettre devant la ruche et tapoter avec deux morceaux de bois sur le corps de ruche en partant du bas et remontant lentement jusqu’à la ruche supérieure, s’y arrêter.
Recommencer jusqu’à ce que des abeilles sortent par le sommet.
Prendre délicatement le corps de ruche, le poser sur son plateau de sol à l’endroit où l’on souhaite l’y installer dans le rucher.
Dans la demie heure qui suit, ouvrir délicatement le couvre cadre, si les abeilles y sont restée en masse la reine est montée avec elles.
L’opération a réussi.
En cas de retour massif à la souche, réunir, refaire l’opération le lendemain. Nourrir cette colonie deux fois par semaine d’un litre de sirop 50/50 jusqu’à la complète construction des 10 cadres et la naissance du couvain. La souche profitera des butineuses.
C’était une des méthodes d’essaimage artificiel la plus utilisée autrefois, à réhabiliter vu sa simplicité et son efficacité.

 

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