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Miellée de lavande 2018 : nouveau dispositif de suivi de l’ADAPI

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Depuis 2008, l’observatoire de la miellée de lavande (INRA-ADAPI) apporte une information aux apiculteurs « en temps réel » et de nouvelles connaissances pour la recherche. Depuis l’an dernier, la nouvelle configuration de l’observatoire s’appuie sur les informations transmises par un réseau d’une cinquantaine de balances automatiques de marque Optibee. Grâce à cet équipement l’ADAPI peut continuer de suivre en direct le déroulement de la miellée.

Le nouveau dispositif de suivi de la miellée de lavande de l’ADAPI pour 2018 est lancé !

En 2017, une seule balance par rucher émettait une information et l’ADAPI s’est aperçu que même si la ruche mise sur balance avait été choisie avec soin parmi les 5 colonies qui avaient été visitées et pesées avant le début de miellée, même si le gain de poids total de cette ruche correspondait à la moyenne des 5 ruches, cette colonie n’était pas toujours représentative de l’ensemble des colonies du rucher. L’effet rucher était sous estimé, les composantes populationnelles (couvain + abeilles) et sanitaire (Varroa) non ou peu significatives.

Pour assurer une meilleure fiabilité de l’observatoire, un nouveau protocole a été élaboré pour 2018 :

L’ADAPI a décidé de garder les 3 régions (la Drôme Provençale, Lure-Albion et Valensole), sur chacune d’elles sont distribués 5 ruchers. Grâce à notre partenariat avec la société Optibee, 20 balances supplémentaires ont été louées par l’ADAPI et 9 achetées par l’INRA BioSp. Pour cette nouvelle saison, l’observatoire dispose donc de 75 balances automatiques Optibee.

Découvrez tous les détails de du protocole sur le site ADAPI. Et sur le site: http://adapi.optibee.fr/ où les données de poids bruts sont disponibles en direct.

 Dans chacun des 15 ruchers :
• 20 ruches sont pesées manuellement au début et à la fin de la miellée (corps et hausses séparés).
• La surface du couvain operculé et le nombre d’abeilles sont évalués sur ces 20 colonies en début de miellée.
• Parmi ces 20 colonies décrites, cinq colonies sont choisies en analysant en direct sur le rucher ces paramètres « populationnels » et sont équipées d’une balance automatique.
Pour choisir ces cinq colonies, la dispersion des 20 colonies est représentée par deux figures « en boxplot » (voir figures ci dessous). Dans chaque rucher les colonies choisies sont : la colonie n°1 dans la « moustache supérieure » (dans cet exemple la DA14), les colonies n° 2 et 3 dans le quartile supérieur (DA19 et DA6), la colonie n°4 sur la médiane (DA2) et la colonie n°5 dans le quartile inferieur (DA7). La priorité est donnée au couvain puis aux abeilles.
Ce choix permettra d’observer la diversité des gains de poids en fonction de l’état populationnel des colonies classées de fortes (colonie n°1) à moyennes (colonie n°5) dans chaque rucher.
adapi

Une floraison un peu plus tardive que d’habitude

Pour la Drôme Provençale la floraison du lavandin se profile pour le milieu de cette semaine (semaine 24).
Pour le plateau de Valensole la floraison débutera vraiment la semaine prochaine (semaine 25), entre le 20 juin pour le sud du plateau et Valensole et le 25 juin pour les secteurs plus tardifs comme Puimoisson.
Pour le plateau d’Albion et la montagne de Lure, compte tenu des conditions météo plutôt fraiches et humides des dernières semaines, la floraison sera encore plus tardive et il est difficile de donner des dates dès aujourd’hui.

Etat sanitaire des plantations 

  • Conséquences de la sécheresse de l’été et de l’automne 2017 :

Vous avez certainement entendu parler des effets dévastateurs de la sécheresse de l’été et de l’automne 2017 sur les plantations et plus particulièrement celles du plateau de Valensole et du secteur d’Entrevennes et Puimichel. Dans les parcelles les plus touchées le taux de mortalité des plants peut atteindre 80%. Un dossier de calamités sécheresse est en cours d’étude pour les lavandiculteurs et de nombreuses parcelles seront arrachées après l’été.
Les zones de la Drôme Provençale, du plateau d’Albion et de Banon semblent moins impactées par la sécheresse (taux de mortalité plus faibles).
Néanmoins pas d’affolement inutile pour l’avenir proche, les lavandes ne sont pas en train de disparaitre. En effet, la demande d’huile essentielle est telle et les cours du blé si bas que les surfaces plantées ces dernières années sont très importantes et la zone de culture s’étend et remonte vers le Nord.
Enfin les pluies abondantes de ce printemps qui ont perduré jusqu’au 10 juin ont permis à certains plants qui n’étaient pas complètement morts de repartir en végétation et de nombreux épis axillaires se sont développés.
La floraison devrait donc être plus étalée dans le temps (sauf si la canicule s’installe et/ou si le mistral se met à souffler en continu, évidemment).

Enfin nous ne pouvons que vous inciter à vous mettre en contact rapidement avec les lavandiculteurs chez qui vous posez des ruches et même à vous déplacer pour juger de l’état des plantations autour de vos ruchers. Bien qu’il soit impossible de donner un conseil étayé en termes de charge de ruches, si votre rucher est dans une zone très atteinte, n’hésitez pas à réduire le nombre de ruches au profit de ruchers dans des secteurs plus préservés.

  • Du côté du climat :

Comme vous le savez, les précipitations ont été très abondantes et répétées depuis plus d’un mois.
Elles ont permis un beau développement des plants (pour ceux qui n’avaient pas trop soufferts de la sécheresse) et les réserves en eau dans les sols sont abondantes.
Une situation qui, à priori, est favorable à la miellée de lavande… si les chaleurs et l’ensoleillement Provençal arrivent…

  • Du côté des parasites des lavandes et lavandins :

Certains secteurs comme le plateau d’Albion et celui de Valensole ont subi ce printemps de fortes attaques de parasites comme Arima marginata (larves noires).
Lorsque des traitements ont été effectués, c’était il y a au moins un mois et sans risques pour les abeilles quand les préconisations du CRIEPPAM sont respectées. Depuis, il est compliqué de rentrer dans les champs compte tenue des pluies incessantes.
Pour le moment nous n’avons pas d’information de présence de papillons de noctuelles dont les chenilles sont préjudiciables aux cultures de lavandes et qui sont repérées juste avant la floraison.
Espérons que cette année les cultures seront épargnées et n’hésitez pas, une fois de plus à vous renseigner sur les éventuelles intentions de traitement des lavandiculteurs chez qui vous posez des ruches.

Des résultats probants sont disponibles sur l’importance de la quantité de « couvain fermé » (effet positif) et de la composante « Varroa » (VP/100ab) (effet négatif) sur le gain de poids(http://w3.avignon.inra.fr/lavandes/biosp/CIAGPerformancedef.pdf).

Également, cet observatoire permet de suivre l’évolution du poids des ruches et apporte une information claire et quasi en temps réel sur le fonctionnement de la miellée (http://w3.avignon.inra.fr/lavandes/biosp/).

miellée de lavande

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Source : ADAPI (Association pour le Développement de l’Apiculture Provencale)

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