Études

Lutte contre le Varroa : étude de sensibilité/résistance à l’Amitraze

L’amitraze est utilisée depuis de nombreuses années pour lutter contre le varroa et la question de l’apparition de populations résistantes se pose ...

L’amitraze est utilisée depuis de nombreuses années pour lutter contre le varroa et la question de l’apparition de populations résistantes se pose régulièrement. En 2016, une étude avait été menée par le Laboratoire Départemental d’Analyses du Jura sous la direction d’Alain Viry concernant la sensibilité/résistance du varroa à l’amitraze. Ce rapport établissait une valeur de CL 50 (Concentration Létale pour 50 % des individus) pour une population de varroas considérée comme sensible à cette substance.

L’amitraze est une « composante active de produit phytosanitaire, qui présente un effet antiparasitaire (insecticide et acaricide), et qui appartient à la famille chimique des formamidines ». En apiculture, la molécule avait été utilisée en traitement par micropulvérisation puis plus tard, au moyen de gouttelettes déposées sur le plateau des ruches.

 

Pour cette première étude, cette CL 50 de référence était calculée selon la méthode préconisée par le Coloss Bee Book (manuel rassemblant près de 1 700 méthodes standardisées pour la recherche apicole) pour les molécules liposolubles agissant par contact, ce qui est le cas de l’amitraze. La valeur ainsi obtenue se situait aux alentours de 0,5 ppm (partie par million).

ICKO soutient la FNOSAD pour la reconduite de l’étude en 2017

Chez ICKO Apiculture, la survie des abeilles est au centre de nos préoccupations. En apportant un soutien financier à la FNOSAD, l’étude de sensibilité/résistance à l’Amitraze a pu être reconduite et améliorée, avec un double objectif :

 

 

 

Discussions et conclusions sur l’étude réalisée

Dans cette étude, grâce à l’utilisation d’un échantillon de varroas provenant d’un rucher exempt de tout traitement à l’amitraze depuis au moins 7 ans, une CL 50 de référence pour une population de varroas sensible a pu être calculée. La valeur obtenue de 0,59 ppm est d’ailleurs tout à fait cohérente avec celle calculée lors de l’étude 2016 (0,49 ppm) qui était alors la moyenne des CL 50 des différents échantillons testés. En termes de CL 50, aucun des échantillons testés, que ce soit en 2016 ou 2017, n’est significativement différent de la population de référence.

 

Autrement dit, parmi l’ensemble des ruchers échantillonnés sur les deux années d’étude, aucune population de varroas résistante à l’amitraze n’a pu être mise en évidence. Toutefois, bien que les valeurs de CL 50 ne soient pas significativement différentes de celle de la population de référence, et si on excepte les données des échantillons pour lesquels la plage d’incertitude est très grande, deux échantillons (E16 et E18) présentent des valeurs de CL 50 respectivement 1,15 et 0,93 qui se détachent avec une différence significative de populations dont les CL50 se situent entre 0,21 et 0,45 ppm. Il pourrait s’agir de population de varroas dont une faible partie d’entre eux serait résistante.

 

En effet dans ce cas, le ratio de résistance (défini comme le rapport entre la CL 50 et la CL 50 de référence) est compris entre 1,5 et 2, ce qui est plutôt faible au regard des valeurs trouvées dans la littérature qui varient entre 2 et 39. Il existe donc bien au sein des différentes populations de varroas des variations en termes de sensibilité.

Consulter l’article complet publié dans LSA n° 285, 6/2018 : ici.

Le rapport complet de cette étude, rédigé par Alain Viry (responsable adjoint du secteur Santé Animale du LDA du Jura) est disponible sur demande auprès de la FNOSAD.

 

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Sources : FNOSAD –  Wikipédia – LSA

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