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Les premiers travaux au rucher démarrent vraiment. Avec des journées plus douces et malgré le froid nocturne, la végétation accentue son réveil tout comme les colonies d'abeilles. L'heure est au bilan de l'hiver et à la préparation de la saison.
En mars, la colonie ne fait pas que reprendre : elle change d'équilibre interne. La grappe commence à se disloquer sous l'effet de la chaleur croissante, la reine accroît sa ponte et les abeilles se mettent à élever le couvain. Les beaux jours, elles reprennent leurs vols à la recherche du pollen nécessaire à l'alimentation des futures abeilles.
Dès que les températures augmentent, la reine intensifie sa ponte de manière progressive. Le centre de la ruche s'organise autour d'un nid à couvain qui s'étend sur plusieurs cadres. Chaque larve mobilise une quantité significative d'énergie, ce qui provoque une augmentation de la consommation de miel. Entre l'œuf et l'abeille adulte, il s'écoule environ 21 jours, auxquels s'ajoutent quelques jours pour qu'une nouvelle butineuse atteigne son plein potentiel. La surface de couvain observée aujourd'hui constitue un indicateur prédictif direct de la capacité de production attendue en mai.
Parallèlement à la reprise de la ponte, les abeilles d'hiver disparaissent progressivement. Leur remplacement par de nouvelles générations modifie l'équilibre interne de la ruche. Ce renouvellement s'accompagne d'une augmentation significative de la consommation énergétique. Si les réserves dans le corps de ruche sont insuffisantes, le développement ralentit immédiatement et le couvain peut en pâtir. L'apiculteur doit anticiper ces besoins croissants et maintenir un équilibre rigoureux entre la population, le couvain et la réserve restante.
Avant toute ouverture, prenez le temps d'observer l'activité extérieure. Une sortie régulière d'abeilles avec du pollen visible indique généralement une activité soutenue et confirme que la reine pond activement. Lors d'une journée ensoleillée, cette activité s'intensifie naturellement. En revanche, une absence prolongée malgré une température correcte doit immédiatement attirer votre attention.
Les premiers pollens sont arrivés : le saule Marsault donne un excellent pollen. Si la ponte de la reine est repartie depuis longtemps, la quantité de pollen requise pour la croissance démographique de la colonie est impressionnante. Si une forte miellée apparaît lors de la floraison du saule Marsault, c'est l'indicateur d'une année à essaimage.
La première visite de mars ne s'improvise pas. Découvrez les 5 indicateurs essentiels à contrôler pour sécuriser le développement de vos colonies sans déséquilibrer le couvain. Cette vidéo courte vous guide pas à pas pour une visite efficace et respectueuse de la biologie de la ruche.
Il convient, pour le moins, que l'apiculteur soupèse ses ruches pour tenter d'estimer les réserves : ruche facile à soulever égal danger immédiat, nourrissement immédiat avec du sirop. Certains sont contraints de nourrir massivement lorsque par exemple le rucher est distant ; ce n'est pas l'idéal, si vous pouvez vous rendre facilement sur place, il est préférable de suivre la progression estimée de l'élevage.
Le nourrissement liquide a un double objectif : de sauvetage d'abord, si la ruche est à court de réserve, et de stimulation, car il s'agit aussi de relancer le développement de la colonie. La reine pond, il faut nourrir les larves et le but est bien d'amener la ruchée à une population la plus fournie possible, pour la miellée principale. Il faut du monde pour faire du miel.
En mars, restons prudents, car des températures bien basses peuvent encore se produire. Pour toute visite ou ouverture de ruche, il faudra attendre que la saison se stabilise, que la température minimum de 12 à 15 degrés se soit installée depuis plusieurs jours : le couvain, lui, craint le froid.
Si de beaux jours se succèdent, le changement des plateaux de sol est à faire. À deux, c'est le plus commode, après un bon enfumage sur l'entrée (5 coups de soufflet au trou de vol d'une fumée abondante). On décolle le plateau de sol au lève-cadres, on soulève le corps et l'aide glisse le plateau de sol nouveau. On cale l'ensemble de façon à ce que les nourrisseurs puissent être de niveau.
On notera l'état de propreté ou de saleté du plateau, c'est un indicateur de l'état de la colonie, de sa capacité de nettoyage et de son volume, cela permet de voir également si un prédateur s'y est introduit. Une surabondance de pailles, restes d'abeilles mortes, noyaux, font craindre la visite de lézards, musaraignes qui auront consommé des abeilles, les réserves de miel. Les rayons seront très abîmés et si la colonie est encore en vie, sans doute très amoindrie, il faudra équiper la ruche en rayons neufs, sans doute prévoir de réunir la colonie, mais sûrement de la nourrir comme un essaim.
Le plateau de sol enlevé, les observations notées sur le carnet, on procède au nettoyage du plateau. On gratte au lève-cadres les saletés, la boue éventuelle, on passe au chalumeau portable ce plateau pour le désinfecter, on chauffe au point de voir les déchets de propolis bouillir et la cire s'enflammer. Le bois doit brunir. Les plateaux faits en grillage galvanisé et/ou avec des montants en plastiques seront brossés dans un bac avec de la Javel moussante (un berlingot pur pour 4,75 l d'eau). On laisse le plateau sécher, sans le rincer, le temps de faire un autre changement. En cas de loque traitée l'année antérieure, le plateau de sol doit tremper une demi-heure.
On passe au chalumeau le lève-cadres. Jamais on imagine à quel point la prévention des maladies est un impératif aujourd'hui du fait des fragilités introduites par le varroa. La transmission la plus visible est celle des mycoses et des loques.
Le début du printemps est le moment crucial que l'apiculteur ne doit pas rater, ses abreuvoirs doivent être prêts sinon ils risquent d'être ignorés tout le reste de la saison. Installer des abreuvoirs à l'abri du vent : un accès à l'eau rapide économise l'énergie des abeilles. Choisissez une eau de qualité, proche d'un point d'eau naturel (200 à 500 m du rucher).
Changer de lieu si besoin, c'est le moment. Le transport des ruches à ce moment de l'année se fait sans risque. Donc sans précaution particulière. À faire la nuit tombée. Si vous devez changer d'emplacement, choisir un nouveau lieu, cherchez le proche de sources mellifères (800 m à la ronde au maximum), à l'abri de l'humidité, mais proche d'un point d'eau (200 à 500 m), à l'abri des vents dominants et ensoleillé. Ces conditions idéales sont favorables au développement des colonies et à la production de miel.
À plus de 800 m des zones de production de nectar, les butineuses rentrent en ayant consommé l'essentiel de leur récolte et elles sont fatiguées. L'eau est indispensable pour élever le couvain, et l'humidité qui refroidit les colonies est le pire ennemi des abeilles. Les abeilles ne craignent pas le plein soleil, mais les ruches situées dans des emplacements recevant un ensoleillement maximal en été devront être scrupuleusement isolées.
Le propriétaire que vous pouvez connaître ou trouver à partir du cadastre, s'il accepte votre proposition, sera confirmé par écrit de son accord en un courrier de remerciement, dont vous garderez une copie. Vous ne manquerez pas de lui préciser dans cette lettre qu'en cas de vente de son terrain ou de son souhait de vous voir partir, vous lui demandez un délai fixé d'un commun accord. Il est de tradition de payer une location par ruche, qui peut être de l'ordre d'un pot de miel par an.
De février à mai, c'est la saison pour piéger les fondatrices, c'est-à-dire les reines des frelons asiatiques. Le piégeage constitue une des deux actions prioritaires en matière de lutte contre le frelon asiatique pour l'ITSAP. Bien conduit, il est aujourd'hui le moyen le plus efficace de régulation de la population. En parallèle du travail au rucher et pour limiter l'impact du frelon asiatique, c'est le moment de poser les pièges pour les fondatrices.
Un piège simple et économique, idéal pour la capture du frelon asiatique. Privilégiez les modèles sélectifs qui limitent les captures non ciblées et préservent les autres insectes pollinisateurs. Installez-les dès les premiers beaux jours, à proximité du rucher mais pas directement sur les ruches.
En mars, la ruche change d'équilibre. L'activité reprend, la ponte s'étend, la consommation augmente… et pourtant, c'est l'un des moments les plus stratégiques de l'année pour vos colonies.
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