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En plein cœur de l'hiver, la colonie lutte silencieusement pour sa survie. Surveillance des réserves, nourrissement au candi, entretien du matériel : les conseils ICKO pour accompagner vos abeilles jusqu'au printemps.
Dans la ruche en janvier, l'hiver est bien installé. Le froid et la neige sont parfois au rendez-vous, mais à l'intérieur, la colonie continue à se protéger et à consommer ses réserves. Les abeilles vivent au ralenti, regroupées en grappe serrée autour de la reine. Cette période d'hivernage est critique : chaque colonie lutte pour sa survie, et le travail de l'apiculteur consiste à surveiller discrètement, sans perturber l'équilibre naturel.
Les abeilles limitent leur activité pour réduire la consommation de nourriture. La production de chaleur est assurée par les muscles thoraciques, permettant de maintenir une température proche de 35 °C au cœur de la grappe, même par grand froid. En absence de couvain, une colonie consomme en moyenne 1 kg de miel par mois. Dès que la reine reprend sa ponte (vers la mi-janvier dans les régions tempérées, plus tard dans les zones froides, plus tôt dans le sud), cette consommation augmente fortement.
Le dérèglement climatique modifie profondément l'hivernage. Lors d'hivers doux, la reine recommence à pondre plus tôt. Dans certaines zones méditerranéennes ou océaniques, cela peut arriver avant la fin janvier. La colonie puise alors fortement dans ses réserves alors que les fleurs ne sont pas encore au rendez-vous. On observe aussi des sorties lors des belles journées hivernales. Ces vols de propreté paraissent anodins, mais ils coûtent très cher en énergie : le métabolisme en vol peut être des dizaines de fois supérieur au métabolisme de repos. Faire travailler les abeilles d'hiver augmente le risque de perte de ruches au printemps, car elles se seront épuisées à la tâche.
La ruche basse consommation (RBC) bouscule ces codes. Grâce à une isolation renforcée (partitions isolantes, chaussure thermique, volumes optimisés), la colonie n'a plus besoin de former une grappe ultra serrée. Les abeilles restent un peu plus étalées sur le couvain tout en gardant la chaleur. Cela permet d'économiser en moyenne 30 à 50 % de miel selon la force des colonies et les conditions climatiques.
En janvier, la reine reprend aussi sa ponte en RBC. Cependant, la colonie consomme moins pour maintenir la bonne température. Mais ce confort a un revers : la RBC peut encourager une ponte trop précoce ou trop intense. L'apiculteur doit donc rester attentif. Une ruche qui « va bien » en apparence peut en réalité vider ses réserves plus vite que prévu.
Placer des pains de candi, même si les ruches sont lourdes. Vous réservez ainsi les réserves de miel et de pollen qui seront bien nécessaires en avril si la pluie ou le froid faisaient des leurs. La colonie en pleine croissance de couvain serait en manque de nourriture chaque fois que les butineuses ne pourraient sortir. Le candi protéiné sera pris comme les réserves de miel, il ne sera pas stocké.
Dans le sud, si les températures le permettent, il est possible de nourrir les abeilles au sirop dès la mi-janvier. Attention cependant à limiter la fréquence de ces apports à 1 ou 2 fois par mois pour éviter l'essaimage précoce.
Le mois de janvier, c'est le temps de l'entretien des corps de ruche et des hausses. Nettoyage, peinture, imprégnation, selon les habitudes de chacun. Il n'y a pas de remède miracle : un produit de qualité pour assurer une bonne protection sur un bois de mauvaise qualité ne donne pas de résultat satisfaisant. Avec des bois de qualité, les ruches sont encore là un demi-siècle plus tard. Ne jamais lésiner sur la qualité des corps de ruche.
La désinfection des bois se fait avec un gros chalumeau, la buse pour souder les bandes d'étanchéité au goudron. Il faut chauffer fort, car les spores de loques résistent jusqu'à 140 °C : le bois doit bien brunir tant elles s'incrustent. Le propane chauffe bien plus que le butane, c'est à prendre en compte.
Pour les plastiques, la désinfection se fera dans un bain de cristaux de soude à 10 % (carbonate de soude) bien chaud (70 °C maxi), puis un trempage dans un bain d'eau de javel (1 berlingot dans 4,75 l d'eau). Le plus difficile est de trouver un bac au format. Il est possible d'utiliser un bac à vendange dans lequel entrent les plateaux de sol Nicot.
Au rucher, la désinfection des gants se fait dans un bain d'eau et de chlore (5 l d'eau et 2 pastilles de javel ou de chlore). Le lève-cadre sera passé à la flamme du chalumeau entre chaque ruche. Les vêtements seront lavés en machine et désinfectés par trempage durant une demi-heure dans une eau fortement javellisée (1 litre pour 5 litres). Ce traitement devrait être fait une fois par mois en pleine saison. Le voile sera lavé à la main. Il faut bien se rappeler que les maladies ont d'abord pour origine les pratiques de l'apiculteur.
Toujours acheter un seul type de ruche : les mélanges de formats sont catastrophiques du point de vue espace de rangement et stocks de matériel. Les abeilles s'adaptant à tout habitacle, il faut choisir le modèle de ruche le plus adapté au type d'apiculture souhaité.
Pour ceux qui pèsent leur ruche tous les mois, on constate en pesée arrière environ 500 grammes à 1 kg de décroissance de poids par mois. Au cours de janvier, puis de février, cette décroissance va s'accélérant : il faut surveiller les pains de candi. Par une belle journée, allez poser la paume de la main sur le fond du couvre-cadres nourrisseur. S'il est mince, vous pourrez sentir une certaine tiédeur. C'est le signe d'une colonie vigoureuse.
Dégager le rucher des ronces et broussailles, préparer des accès plus faciles au rucher si besoin. Là où une brouette ne passe pas, le dos de l'apiculteur souffrira et le travail sera plus compliqué. On doit surveiller les entrées des ruches, les dégager de la neige qui aurait pu s'y mettre.
En plein hiver, entre 500 et 2 000 abeilles peuvent mourir chaque mois, selon la force de la colonie et le contexte. Ce chiffre impressionne, mais il reste physiologique. Il ne témoigne pas forcément d'un problème de santé. Les abeilles détectent les cadavres grâce à l'acide oléique, une phéromone typique des individus morts. Une colonie en bonne santé évacue ces corps dès qu'un beau jour le permet.
Voir un tapis de cadavres sur le plancher n'est donc pas forcément un mauvais signe. En revanche, des abeilles mortes accrochées aux cadres, ou une absence totale de nettoyage, doivent alerter : cela peut témoigner d'une colonie affaiblie ou d'un problème sanitaire.
Le mois de janvier est généralement un des plus calmes pour l'apiculteur. On en profite pour effectuer des promenades de surveillance, entretenir le matériel, s'inscrire à une formation ou lire les ouvrages apicoles reçus au pied du sapin. ICKO Apiculture propose des formations APINOV payantes pour approfondir vos connaissances, ainsi qu'une chaîne YouTube riche en tutoriels gratuits et en conseils mensuels.
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